Le barème 2026 : cinq tranches progressives
L’impôt sur le revenu français est progressif : votre revenu est découpé en tranches, et chaque tranche est taxée à son propre taux. Pour l’imposition 2026 des revenus 2025, la loi de finances du 19 février 2026 a revalorisé les seuils de 0,9 % : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % de 11 600 € à 29 579 €, 30 % de 29 579 € à 84 577 €, 41 % de 84 577 € à 181 917 €, et 45 % au-delà. Point capital : ces seuils s’appliquent par part de quotient familial, pas au revenu total du foyer.
Prenons un célibataire (1 part) avec 40 000 € de revenu net imposable. Les premiers 11 600 € ne sont pas taxés. La tranche à 11 % porte sur 17 979 € (de 11 600 € à 29 579 €), soit 1 977,69 €. La tranche à 30 % porte sur les 10 421 € restants (de 29 579 € à 40 000 €), soit 3 126,30 €. Total : 5 103,99 €, arrondi à 5 104 €. Personne ne paie donc 30 % sur tout son revenu — seule la fraction qui dépasse 29 579 € subit ce taux.
C’est toute la différence entre taux marginal et taux moyen. Le taux marginal — ici 30 % — est le taux de la dernière tranche atteinte : c’est ce que vous coûtera (ou rapportera) chaque euro de revenu en plus ou en moins, utile pour arbitrer une prime, un rachat de PER ou des heures supplémentaires. Le taux moyen, lui, est l’impôt rapporté au revenu : 5 104 € sur 40 000 €, soit environ 12,8 %. Franchir une tranche ne fait jamais baisser votre revenu net après impôt, contrairement à une idée reçue tenace.
| Tranche à 0 % — jusqu’à 11 600 € | 0 € |
| Tranche à 11 % — sur 17 979 € | 1 977,69 € |
| Tranche à 30 % — sur 10 421 € | 3 126,30 € |
| Impôt brut | 5 104 € |
| Taux marginal | 30 % |
| Taux moyen | 12,8 % |
Le quotient familial : diviser pour moins régner
Le quotient familial adapte l’impôt à la composition du foyer. Le mécanisme tient en trois étapes : on divise le revenu imposable par le nombre de parts, on applique le barème à ce revenu par part, puis on multiplie l’impôt obtenu par le nombre de parts. Un couple compte 2 parts, chacun des deux premiers enfants ajoute une demi-part, et le troisième enfant compte pour une part entière — d’où les 4 parts d’un couple avec trois enfants.
L’effet est loin d’être symbolique. Un couple avec 60 000 € de revenu imposable et 2 parts est imposé comme deux fois 30 000 € : par part, 1 977,69 € au taux de 11 % plus 126,30 € au taux de 30 %, soit 2 103,99 €, multiplié par deux : 4 207,98 €, arrondi à 4 208 €. Une personne seule avec le même revenu de 60 000 € paierait 11 104 €. La division du revenu maintient chaque part dans des tranches plus basses — c’est précisément l’objet du dispositif.
Une limite honnête s’impose : dans la réalité fiscale, l’avantage procuré par les demi-parts des enfants est plafonné (c’est le plafonnement du quotient familial), ce que ce calculateur n’applique pas. Pour les revenus élevés avec enfants, l’impôt réel peut donc être supérieur à notre estimation. Le résultat reste en revanche très fidèle pour les couples sans enfant et les célibataires, où aucun plafonnement n’intervient.
La décote : un coup de pouce pour les impôts modestes
La décote réduit automatiquement l’impôt des foyers faiblement imposés, sans aucune démarche de votre part. Pour 2026, elle s’applique si l’impôt brut est inférieur à 1 982 € pour une personne seule, ou à 3 277 € pour un couple soumis à imposition commune — c’est le rôle de l’interrupteur « imposition commune » du calculateur. Son montant : 897 € (personne seule) ou 1 483 € (couple), diminués de 45,25 % de l’impôt brut.
Exemple : une personne seule avec un impôt brut de 1 500 € bénéficie d’une décote de 897 € − 45,25 % × 1 500 € = 897 € − 678,75 € = 218,25 €. Son impôt retombe à 1 281,75 €. Le mécanisme est dégressif : plus l’impôt brut approche du seuil, plus la décote fond, jusqu’à disparaître — il n’y a donc jamais d’effet de saut brutal à l’entrée dans l’impôt.
Conséquence arithmétique intéressante : en dessous d’un certain impôt brut, la décote efface tout. Le point d’annulation se situe autour de 617 € d’impôt brut pour une personne seule et d’environ 1 021 € pour un couple. Autrement dit, dépasser légèrement la tranche à 11 % ne signifie pas forcément payer de l’impôt : beaucoup de foyers aux revenus modestes restent non imposés grâce à ce seul mécanisme.
Prélèvement à la source et limites du calcul
Le prélèvement à la source retenu chaque mois sur votre salaire ou votre pension n’est qu’un acompte, pas votre impôt définitif. Le montant réellement dû est calculé après votre déclaration de printemps, selon le barème ci-dessus. Si vos prélèvements de l’année ont dépassé l’impôt final, l’administration vous rembourse l’écart durant l’été ; s’ils ont été insuffisants, le solde vous est réclamé à partir de septembre. Ce calculateur estime justement cet impôt final — le chiffre qui compte.
Soyez aussi au clair sur ce que le calcul n’inclut pas : les réductions et crédits d’impôt (dons, emploi à domicile, garde d’enfants, investissements locatifs…), le plafonnement du quotient familial évoqué plus haut, et la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus qui s’ajoute au-delà de certains seuils. Selon votre situation, votre impôt réel peut donc être sensiblement inférieur — ou, pour les foyers aisés avec enfants, un peu supérieur — au résultat affiché.
Utilisez ce simulateur pour ce qu’il fait très bien : mesurer votre taux marginal avant une décision (accepter une prime, alimenter un PER, basculer aux frais réels), comparer l’effet d’un mariage ou d’une naissance sur le quotient familial, et anticiper l’ordre de grandeur de votre solde d’impôt. Pour le montant à l’euro près, la déclaration en ligne sur impots.gouv.fr reste la seule référence officielle.