Du HT au TTC : comment la TVA se calcule
La TVA — taxe sur la valeur ajoutée — s’ajoute au prix hors taxes (HT) pour donner le prix toutes taxes comprises (TTC), celui que paie réellement le client. Le calcul de base tient en une multiplication : 1 000 € HT au taux normal de 20 % portent 200 € de TVA, soit 1 200 € TTC. Le vendeur ne garde pas ces 200 € — il les collecte pour le compte de l’État et les reverse lors de sa déclaration de TVA.
La formule à retenir est TTC = HT × (1 + taux). Concrètement, on multiplie le HT par 1,20 au taux normal, par 1,10 au taux intermédiaire, par 1,055 au taux réduit et par 1,021 au taux particulier. Un repas au restaurant facturé 50 € HT sort donc à 55 € TTC (taux de 10 %), et un livre à 20 € HT s’affiche 21,10 € en rayon (taux de 5,5 %).
Une distinction utile pour lire vos devis et factures : les professionnels raisonnent presque toujours en HT, parce que la TVA est neutre pour eux dès lors qu’ils la déduisent ; les particuliers, eux, ne voient que le TTC, car ils supportent la taxe sans pouvoir la récupérer. C’est pourquoi un devis d’artisan affiche les deux montants — et pourquoi comparer un prix HT à un prix TTC revient à comparer des choses qui ne se comparent pas.
Retirer la TVA d’un prix TTC : l’erreur classique
Pour retrouver le HT à partir d’un TTC, on divise par (1 + taux) — on ne soustrait jamais le taux. Un montant de 1 200 € TTC à 20 % cache un HT de 1 200 ÷ 1,20 = 1 000 €, et donc 200 € de TVA. Activez l’option « Mon montant est TTC » dans le calculateur et il fait ce chemin inverse pour vous, au centime près.
L’erreur classique consiste à retirer 20 % du TTC : 1 200 € moins 20 %, cela donne 960 €, soit 40 € de moins que le vrai HT — et une TVA surestimée à 240 € au lieu de 200 €. La raison est simple : le taux s’applique au HT, qui est plus petit que le TTC. Dans un prix TTC à 20 %, la part de TVA n’est en réalité que de 16,67 % du total (un sixième), pas de 20 %.
Ce calcul inverse sert tous les jours : ventiler une note de frais dont vous n’avez que le total TTC, vérifier la TVA portée sur une facture fournisseur, ou reconstituer le HT d’un prix public avant d’établir un devis. Un réflexe de contrôle simple : le HT retrouvé, multiplié par (1 + taux), doit redonner exactement le TTC de départ — sinon, la soustraction du taux s’est glissée quelque part.
Les quatre taux de TVA applicables en 2026
La France applique quatre taux, inchangés en 2026. Le taux normal de 20 % couvre la grande majorité des biens et services — c’est le taux par défaut dès qu’aucune règle particulière ne s’applique. Le taux intermédiaire de 10 % concerne notamment la restauration, les travaux de rénovation dans les logements et le transport de voyageurs. Le taux réduit de 5,5 % vise l’essentiel de l’alimentation, les livres et l’énergie, et le taux particulier de 2,1 % est réservé à quelques cas précis, dont les médicaments remboursés par la Sécurité sociale et la presse.
L’écart entre taux se voit immédiatement sur l’addition : le tableau ci-dessous applique les quatre taux au même montant de 1 000 € HT, et le TTC varie de 1 021 € à 1 200 €. Un même ticket de caisse mélange d’ailleurs souvent plusieurs taux — vos courses alimentaires à 5,5 % peuvent côtoyer des produits au taux normal de 20 % — d’où les lignes de TVA distinctes détaillées en bas du ticket.
Dernière nuance, géographique : ces taux valent pour la France métropolitaine continentale. La Corse et les territoires d’outre-mer appliquent des taux différents sur toute une série de biens et services. Si vous facturez ou achetez dans ces territoires, vérifiez le taux local applicable avant de reprendre tels quels les résultats du calculateur.
| Taux normal — 20 % | 200 € de TVA → 1 200 € TTC |
| Taux intermédiaire — 10 % | 100 € de TVA → 1 100 € TTC |
| Taux réduit — 5,5 % | 55 € de TVA → 1 055 € TTC |
| Taux particulier — 2,1 % | 21 € de TVA → 1 021 € TTC |
Franchise en base, TVA déductible et mentions obligatoires
Tous les vendeurs ne facturent pas la TVA. Les auto-entrepreneurs et petites entreprises sous le régime de la franchise en base — jusqu’à environ 37 500 € de chiffre d’affaires annuel pour les prestations de services et 85 000 € pour les activités de vente — facturent hors taxes, sans ajouter un centime de TVA. La contrepartie est stricte : ils ne peuvent pas non plus déduire la TVA payée sur leurs propres achats, et leurs factures doivent porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
Pour les entreprises assujetties, la TVA fonctionne en circuit : elles collectent la taxe sur leurs ventes, déduisent celle payée à leurs fournisseurs, et ne reversent que la différence. Une entreprise qui collecte 200 € de TVA sur une vente et en a payé 80 € sur ses achats du mois reverse 120 € à l’État. C’est ce mécanisme de TVA déductible qui rend la taxe neutre pour les entreprises : au bout de la chaîne, c’est le consommateur final qui la supporte intégralement.
Ce mécanisme éclaire aussi le vrai calcul d’un indépendant qui approche des seuils. Rester en franchise vous rend plus compétitif auprès des particuliers — pas de TVA à ajouter à vos prix — mais ne change presque rien pour des clients professionnels, qui auraient de toute façon déduit la TVA facturée, tout en vous privant de la récupération de la taxe sur votre matériel et vos investissements. Côté forme, une facture avec TVA doit détailler, pour chaque taux appliqué, la base HT et le montant de taxe correspondant : c’est une mention obligatoire, pas une option de présentation.